
Plat populaire et symbole de la restauration de rue en Côte d’Ivoire, le garba est aujourd’hui au centre d’un débat sanitaire. Naoum Jonathan, observateur des questions de santé et de nutrition, tire la sonnette d’alarme et met en garde contre les risques liés à la consommation régulière de ce mets très prisé.
Contrairement à certaines interprétations, Naoum Jonathan précise d’emblée qu’il ne s’attaque pas à l’attiéké, composant principal du garba.
« L’attiéké n’est pas le problème. C’est un aliment traditionnel issu du manioc, consommé depuis des générations sans danger lorsqu’il est bien préparé », explique-t-il.
La friture du poisson pointée du doigt
Selon lui, le véritable danger réside dans la friture du poisson, qui accompagne presque systématiquement l’attiéké dans le garba. Dans de nombreux points de vente, le poisson est :
conservé dans de mauvaises conditions,
parfois de qualité douteuse,
et surtout frit dans des huiles réutilisées plusieurs fois, souvent à des températures très élevées.
Or, la friture prolongée et répétée entraîne la formation de molécules chimiques toxiques, reconnues par la science comme nocives pour l’organisme.
Des effets graves sur la santé
Naoum Jonathan souligne que ces substances issues de la friture peuvent :
affaiblir le système immunitaire,
augmenter les risques de maladies cardiovasculaires,
favoriser certains cancers,
endommager le foie, les reins et le système digestif.
Il s’appuie notamment sur des travaux scientifiques internationaux.
« Un professeur aux États-Unis a comparé la consommation d’un plat de friture à l’effet de fumer deux paquets de cigarettes sur l’organisme », affirme-t-il, insistant sur le caractère volontairement frappant de cette image.
Un danger banalisé par la consommation quotidienne
Le succès du garba repose sur son faible coût, sa disponibilité et sa rapidité de préparation. Cependant, cette accessibilité pousse de nombreux consommateurs à en manger quasi quotidiennement, parfois plusieurs fois par semaine.
« Ce qui est occasionnel peut devenir dangereux lorsqu’il est répété chaque jour », avertit Naoum Jonathan, qui parle d’un problème de santé publique plus que d’un simple débat alimentaire.
Appel à la vigilance et à la responsabilité
Sans appeler à l’abandon total du garba, il recommande :
de réduire la fréquence de consommation,
d’éviter les poissons frits dans des huiles très foncées ou recyclées,
et de promouvoir des modes de cuisson plus sains.
Il invite également les autorités sanitaires à renforcer les contrôles dans la restauration de rue et à sensibiliser la population sur les risques liés aux fritures excessives.
Manger oui, mais manger sain
Pour Naoum Jonathan, le message est clair :
« L’alimentation doit nourrir et protéger le corps, pas le détruire lentement. Le garba, tel qu’il est majoritairement préparé aujourd’hui, peut devenir un véritable poison pour la santé. »
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